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Mise
en scène : Frédéric
Richaud
Avec Aïni Iften, Michèle Sebastia,
Sarah Nedjoum et
Serge Neri
Création
lumière : Patrick Schneider
Environnement sonore et musical : Alexis
Jouffrey
Conseil scénographique : Blanche
Van Hyfte
Décor : Serge Neri et Christian Ganet
Avec les voix de Najet
Ouasti et
Claude Djian
Conseillère costume : Fabienne Varoutsikos
Professeur de violoncelle : Emmanuelle Rauch
Durée : environ 1h20
Tout public à partir de 12 ans
Spectacle
produit par Eclats de
Scènes et et réalisé en coproduction avec le Théâtre des Carmes.
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Trois
femmes, une famille pour trois destinées : une mère enfermée dans un
mutisme irréversible depuis le départ inattendu de sa fille Mina. Une
tante qui reproche à sa nièce, Mina, d'être partie puis revenue, mais
qui lui reproche surtout d'être venue au monde.
Et Mina, jeune
violoncelliste qui hurle à travers ses mots et ses notes une souffrance
endurée depuis sa naissance à cause d'une mère qui n'a jamais voulu la
regarder pour ne pas retrouver les traits d'un homme qu'elle a aimé et
qui est parti.
A
l'abri des regards, le trio féminin peine à trouver les mots de
réconfort ou de paix pour s'entendre et se comprendre. Dans une "maison
prison" où Mina rêve de Jasmin, cette histoire fait écho à celle,
dramatique, du pays dans lequel elle se déroule.
C'est
en effet une petite histoire qui n'a d'autre choix que de rencontrer la
grande car l'air irrespirable d'une nation dans la tournmente,
submergée par des idées morbides, ne cesse d'enfoncer ces femmes dans
un silence et un enfermement toujours plus étouffants.
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| Extrait de la note de mise en
scène |
Les désordres du violoncelle
c’est avant tout une rencontre de lecture. Moment privilégié, intime
entre un lecteur, des personnages, leur histoire.
Immédiatement
me sont venus à l’esprit des images, une lumière, des ambiances tour à
tour tendues, fraternelles, amoureuses. J’ai senti au fil de ma lecture
que cette pièce contenait tout cela. Conquis, je savais que je me
trouvais face à un beau défi.
Au fil du temps ce texte
et cette histoire ne m’ont pas lâché. J’ai décidé de la mettre en scène.
Les
choses sont venues assez vite, la distribution, l’espace, la lumière,
le son. J’ai repris le texte et l’ai soumis aux interprètes. Tout de
suite nous avons senti la profondeur des enjeux, ces trois femmes
enfermées dans leurs peurs, leurs jalousies, leurs amours, leurs
contradictions alors que dehors, c’est la guerre civile, les meurtres
sans appel, les règlements de compte, les absurdités et les
déchirements. [...]
Frédéric
Richaud, octobre 2011
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| Extrait de la note d'auteur |
Sans réfléchir, j’ai abordé la thématique de l’enfermement qui m’a toujours interpellée,
saisie. Pourquoi enferme-t-on l’autre ? Pourquoi s’enfermer soi-même ? S’enfermer
entre des murs pour ne rien voir, s’enfermer dans la musique pour ne rien
entendre. S’enfermer dans un corps inerte… chacun de mes personnages s’est enfermé
à sa façon ou a enfermé l’autre ou les deux à la fois !
Dans
une sorte de mise en abyme incontrôlable.
S’enfermer
est-ce renoncer à la vie ? Personnellement, je ne le pense pas mais j’avais besoin que mes
personnages, qui sont devenus bien réels, qui parlent, s’expriment, me le
disent, me montrent leurs limites et leurs capacités à dépasser des situations. Je
voulais surtout dire à travers ce texte qu’enfermement ne veut pas dire inertie.
[...]
S’enfermer, ne veut pas
dire se protéger non plus. Cette histoire racontée sur fond de tourmente terroriste,
montre bien que la violence de la rue est dupliquée à l’intérieur de la maison.
Elle se faufile, glisse à travers les interstices des persiennes. C’est un mal insidieux,
une maladie qui atteint tout le monde.
J’ai
voulu également travailler sur la notion de temps. L’abolir pour
quelques instants. Dès que le
temps s’affranchit de la chronologie, c’est la panique, le désordre
s’installe…
C’est
aussi le temps qui prend le soin de bercer la folie des hommes. Le
temps ne guérit rien, il nous
enfonce parfois. La tante en fait la démonstration. Ce drame est habillé de
silence, de notes de musique et d’éclats de bombes…
L’apaisement
ne peut être atteint que lorsque la ligne mélodique et la courbe dramatique se rejoignent
enfin !
Gehanne Khalfallah, novembre 2011
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Géhanne Khalfallah est
née en Algérie où elle vécut jusqu’en 2007 avant de s’installer au
Maroc. Diplômée en biologie cellulaire et moléculaire, c’est pourtant
vers le journalisme qu’elle s’oriente en 2001. Elle écrit sa première
pièce de théâtre, Le
chant des coquelicots,
lors d’une résidence d’écriture aux Francophonies de Limoges en 2005
(bourse du festival). L’auteure a bénéficié également d’une bourse
d’encouragement de la DMDTS en mars 2006.
En janvier 2010, elle
écrit une deuxième pièce intitulée Les
désordres du violoncelle. Actuellement elle est sur un
nouveau projet d’écriture : Les
draps.
Installée au Maroc depuis juillet 2007, elle est journaliste
spécialisée en culture, notamment en littérature et arts plastiques.
L’auteure
est invitée en avril 2012 en résidence d’écriture de deux mois au
théâtre de l’Aquarium à Paris et bénéficie d’une bourse Beaumarchais.
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